Park in progress 10@City Sonic-Mons : Une utopie sonore provisoire.

Par Philippe Baudelot.

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Le Park In Progress organisé dans le cadre de City Sonic à Mons du 5 au 11 septembre 2014 sous la direction artistique de Philippe Franck, est une U.S.P. (Utopie Sonore Provisoire). Le grand foisonnement qui caractérise cette initiative des Pépinières européennes pour jeunes artistes soutenue par le programme Culture de l’Union européenne, regroupant, pour sa dixième édition, vingt cinq artistes de dix pays différents, entraine le participant dans une dérive esthétique et humaine à travers un monde humain, fragile et provisoire aux multiples perspectives. En rendre compte, c’est écrire les sensations et les idées qu’elle induit. Mais l’écriture n’en peut être que le reflet, qu’une métaphore impuissance à s’y substituer.

  Park in Progress rassemble de jeunes artistes et de jeunes professionnels de la création, artistique, de toute l’Europe, intervenant dans les différentes étapes de la production d’une œuvre, autour d’un projet commun qui sollicite une expérience interculturelle et transdisciplinaire. Cet événement imaginé par Patrice Bonnaffé, directeur des Pépinières européennes pour jeunes artistes et qu’on pourrait qualifier d’utopie provisoire, était présenté pour la seconde fois à City Sonic sur le site des anciens abattoirs de Mons, fief de Transcultures, organisateur de ce festival du son international co-produit par le Manège.Mons. Comme à chaque étape de cet itinéraire nomade, des artistes et jeunes professionnels des métiers de la création se sont regroupés pendant une résidence d’une semaine pour créer un événement, parcours déambulatoire. Leurs propositions artistiques (installations, performances, projections, concerts inclassables) ont été dévoilées au public lors d’une Nuit européenne de la jeune création, à la fois manifestation autonome et aboutissement des résidences. Une vingtaine de jeunes artistes, venus de toute l’Europe et même au delà (Belgique, France, Bulgarie, Italie, Portugal, Suisse, Suède, Grèce, Turquie, Grande Bretagne, Japon, République Tchèque) ont ainsi offert au public un cheminement in situ avec le son pour lien.

  Ni définitive, ni figée, la formule fraie son chemin pour mieux en découvrir d’autres. La Nuit Européenne de la jeune création de City Sonic entend militer pour toutes les créations sonores, avec leurs prises de risques, leur errances, leurs erreurs et leurs surprises. Philippe Franck, directeur de City Sonic, a voulu ce moment à la manière d’une TAZ (Temporary Autonomous Zone), le concept forgé par Hakim Bey dans son essai visionnaire, un écrivain libertaire et poète nord-américain (se qualifiant d’« anarchiste ontologiste » et soufi) qu’il a connu à New York à l’époque de l’explosion qu’il a causée dans les milieux de la contre-culture internationale. En tant que telle, elle est un moment d’action éphémère et indépendant, un espace transitoire où les rapports de forces de l’économie créative se veulent abolis. Son décalage avec la réalité du monde artistique permet de discerner que la fatalité consumériste de notre époque n’est pas inévitable. L’idée est de donner vie à un de ces moments qui se manifestent à qui sait les voir, à un temps où l’imaginaire cherche à prendre d’assaut le monde, maladroitement parfois, mouvant toujours, contradictoire de nature.

Explorer de nouvelles pistes

  La diversité des pays et des structures culturelles représentés, les divergences des nécessités des artistes, la relativité de situations sociales et politiques parfois douloureuses, les confrontations des cultures et des contraintes, font que pour cet événement, à chaque fois, il y a à inventer, sans recettes, sans précédents, sans comparaisons possibles. Une société provisoire de techniciens, d’administratifs, d’artistes, fonde là, pour quelques jours, une culture commune. Si cette communauté se disperse ensuite, c’est pour subsister dans un filet aux nœuds solides ramenant à la surface projets et œuvres.

  La création est ici à côté du monde des industries culturelles et de celui de l’art mais non pas en dehors. Elle cherche à se fonder comme un surplus à l’économie créative, comme une des voies que pourrait emprunter celle-ci. Elle s’enracine dans une vie quotidienne et la création de valeurs qui en émerge. Elle vise à inventer une autre forme de rapport à l’autre et à l’œuvre, à trouver les bons échanges, à se fondre dans la solidarité et l’économie collaboratives. Ce dont il s’agit est d’ouvrir de nouvelles pistes, quitte ensuite à en emprunter d’autres si les celles-ci ne conduisent nulle part.

  La formule de Park in progress qui trouve un écrin particulièrement favorable dans City Sonic, s’appuie sur une notion de recherche appliquée, sur la volonté de forger un outil au service d’un projet qui ne serait pas possible dans une économie traditionnelle et de dégager de nouveaux points de rencontre entre la technique et l’art. Souvent nés avec les technologies numériques, les artistes qui y participent, recourent, peu ou prou, aux plus complexes d’entre elles. Pour autant, ils ne confondent pas l’appel à ces dernières avec l’objet de leurs œuvres. La démonstration n’est pas de mise. C’est leur création qui innove et non pas leurs outils. Manière pour beaucoup, je le suppose, d’échapper aux contraintes des dispositifs industriels et de ne pas tomber dans leurs pièges. C’est rendre hommage à Giorgio Agamben qui définit comme dispositif « tout ce qui a, d’une manière ou d’une autre, la capacité de capturer, d’orienter, de déterminer, d’intercepter, de modeler, de contrôler et d’assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants. ». On s’inquiète de technique, bien sûr, mais c’est surtout pour trouver le meilleur rapport entre la création et ce qui lui donne corps. Celle-ci doit être souple et ferme comme un pinceau de martre, charnelle comme une corde vocale. Tant pis si parfois, la vibration n’est pas à l’exacte fréquence, pourvu qu’elle fasse vibrer le public à l’unisson. C’est ainsi que ce Park in Progress associé à City Sonic trouve sa place dans les industries créatives. Se décalant eu égard à leur dimension consumériste et d’innovation technique, semblant à leur marge, il en participe, il en connait les modes et les codes mais c’est pour développer des pratiques esthétiques nouvelles et explorer des pistes ouvrant sur des ailleurs.

  C’est aux artistes plus qu’aux critiques d’écrire l’histoire de l’art et d’inscrire leur travail dans cette histoire. Ici, ils semblent oublier leurs références. Non qu’ils rejettent leurs prédécesseurs, non qu’ils pensent partir de rien. C’est que leur art est savant de ne pas toujours chercher à l’être ou de savoir ne pas le montrer. Ils s’efforcent d’oublier leur maîtres parce qu’ils les respectent infiniment. C’est qu’il ont à l’esprit ces deux conseils : celui de Nietzsche « Maintenant je vous ordonne de me perdre et de vous trouver vous-mêmes ; et ce n’est que quand vous m’aurez tous renié que je vous reviendrai. » et celui de Gide qui s’écria en écho au philosophe : « Jette mon livre ; dis-toi bien que ce n’est là qu’une des mille postures possibles en face de la vie. Cherche la tienne. Ce qu’un autre aurait aussi bien fait que toi, ne le fait pas. Ce qu’un autre aurait aussi bien dit que toi, ne le dis pas, — aussi bien écrit que toi, ne l’écris pas. Ne t’attache en toi qu’à ce que tu sens qui n’est nulle part ailleurs qu’en toi-même, et crée de toi, impatiemment ou patiemment.»
Un foisonnement indisciplinaire (pour reprendre l’expression de Philippe Franck) nait de cette démarche qu’il n’est possible de qualifier vraiment ni de transdisciplinaire ni, non plus, d’interdisciplinaire, même si les amateurs de classification[s] parviendront certainement à y retrouver leurs petits.

  « Je constate une presque réjouissante résistance qui permet d’ouvrir, à mon avis bien tardivement, un débat constructif. La politique de l’autruche, celle qui consiste à croire que la catastrophe tombe généralement à côté, que cela n’arrive qu’aux autres, semble bel et bien battue en brèche », remarque l’artiste belge, Werner Moron qui était, avec sa Multinationale des alternatives, un des participants de l’édition 2013 de Park in progress@City Sonic-Mons.

Temps de la résidence et espace de monstration

  Conçues comme un tout, résidence et événement, temps continu et espace unique, la résidence Park in Progress et La nuit européenne de la jeune création favorisent un travail d’échange et de confrontation des idées et des techniques auquel les artistes s’adonnent. « Des affinités se créent, on s’entraide, on recrute, on participe au projet de l’autre, on échange nos coordonnées dans l’espoir de poursuivre, dans d’autres lieux et temps, l’aventure initiée à Mons, ou ailleurs. C’est une belle dynamique qui fédère des rencontres et des actes, faisant parfois éclore des partenariats de long terme, et des œuvres singulières dans leurs croisements transdisciplinaires », explique Gilles Malatray, de Desartsonnants, également animateur, avec Zoé Tabourdiot, de la Sonic Radio, la radio web du festival City Sonic.

  Cette résidence internationale de dix jours, au cours de laquelle une cinquantaine de personnes travaillent et vivent ensemble, artistes, techniciens, administratifs, voit aussi la construction progressive d’une communauté humaine improbable. Chacun y conserve, bien évidemment, son statut mais les différences s’estompent dans la perspective d’un but commun et dans la vitalité joyeuse de ce qui est aussi une fête. Si conflits et désaccords n’y disparaissent pas, ils se dissolvent dans l’acte commun.

  Plusieurs étapes indissociables jalonnent la résidence :
• La découverte et l’appropriation par les artistes de l’espace disponible ;
• Les rapprochements humains malgré les langues et les cultures ;
• La construction d’une communauté provisoire ;
• Le travail artistique et sa confrontation aux avis et écoutes de tous ;
• Le montage, la construction d’une performance globale et unifiée constituée d’objets hétérogènes, contradictoires et pour certain inaboutis ;
• La présentation d’un événement qui prend son autonomie.

  Au cours de la résidence, les artistes doivent intégrer et adapter un espace que souvent ils découvrent, des œuvres parfois préexistantes parfois créées in situ. Ils doivent apprendre le site, à la fois lieu de création et de monstration, l’écouter, le jauger et l’apprécier. Ils doivent aussi apporter à leurs travaux les sons de Mons, ceux qu’ils choisissent, traités comme ils le souhaitent, restitués comme ils les entendent. L’équipe de City Sonic, administrative, artistique et technique, se met à leur service, les aide, les assiste, devient à sa manière créatrice. Un des choses les plus étonnantes est que ce mélange des compétences permet aux œuvres de toutes exister pour le site des Abattoirs, un peu comme si aucune création, aucune idée n’avait préexisté à l’acte performatif qu’est La Nuit européenne de la jeune création.

Cette nuit, nous étions ensembles dans le son

  « Cette nuit, nous étions ensembles dans le son », pourraient dire les participants à la Nuit de la jeune création européenne organisée par City Sonic. Contrairement à beaucoup d’autres manifestations de ce genre, elle s’ouvre par un verre collectif, un verre d’excellente bière locale Saint Feullien, pour être précis. Une collectivité se constitue entre tous les participants, artistes compris, ceux qui se connaissent déjà, ceux qui se rencontrent, ceux qui veulent se trouver. On y parle culture et arts sonores. On y parle métier et sensibilité. On s’y place hors du temps et des agendas. On y oublie ce mondain si éloigné de l’art mais si caractéristique de ce genre de manifestation. Durant toute la soirée, on peut se ménager des pauses pour converser, boire, manger.

  La Nuit européenne de la Jeune Création elle-même est une visite qui joue sur le plaisir de l’écoute et de la situation, où l’on est à la fois créateur et participant, écoutant et élément de ce qu’on écoute. On se disperse. On se regroupe. On écoute les explications des artistes. On s’enthousiasme. On aime moins telle ou telle propostion. Peu à peu l’impression de mélange hétéroclite qui prévaut au début disparaît. Chaque œuvre prend sa place dans un ensemble qui propose sa cohérence, celle de la jeune création. Les performances alternent avec les installations, toujours liées à ces dernières. La vie prend comme on le dirait d’une pâte gonflant à la chaleur sous l’effet de la levure qu’elle contient. C’est une gageure que de rendre compte d’une telle formule (qui d’ailleurs n’en est probablement et volontairement pas une au sens propre) dont les ingrédients intègrent complètement l’humain sans jamais mettre entre parenthèses l’artistique. Cette nuit du 11 septembre sur le site des anciens abattoirs de Mons, nous étions ensemble dans le son.

Parler des œuvres

  Écrire après coup sur des œuvres que j’ai vues et écoutées, est un exercice auquel j’ai toujours eu du mal à me plier. L’exercice critique est un art que je ne maîtrise pas. On y parle de soi ou on y vend quelque chose. On y attaque ou on y encense. On s’efforce surtout de faire entrer, de gré ou de force, ce sur quoi on écrit dans un ensemble disciplinaire et conceptuel théorique plus fondé sur les rapports de force de la profession et le marché que sur la réalité et la sensibilité artistique. J’aimerais bien faire ainsi mais je ne sais pas. C’est pourquoi je m’y lance non sans un certain plaisir. Je tenterai des métaphores incomplètes et tant pis si le texte ne colle pas à son objet.

  Ce qui frappe, intrigue et attire en entrant dans la grande halle des Abattoirs de Mons est un foisonnement peu lisible au premier abord. Les installations sont minimalistes ou quasi monumentales. Les dispositifs sonores ne se dévoilent que si la proposition daigne se révéler. Les sons sont le plus souvent invisibles. La forme plastique des installations, à l’esthétique autonome, qui les produisent et les dispositifs techniques, invisibles, qui les déclenchent ne se proposent pas toujours comme leurs origines. Les matériaux retenus ne s’affirment pas continuellement comme sonnants et acoustiques.

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City Live Streaming, Adrien Lefebvre. Photo : Jacques Urbanska

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Let there be light,Olivier Gain. Photo : Michaël Massa

  Nicolas Gaillardon, pour Boxe to boxe colle l’un à l’autre deux énormes haut-parleurs, pour un combat, sonore et musical. City Live Streaming d’Adrien Lefebvre fait tourner 3 minuscules haut-parleurs faisant discrètement dialoguer des sons capturés en live venus de trois villes de notre planète. Olivier Gain, avec Let there be light fait chanter la matière de sa voix à la chaleur de bougies.

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Hasard pendulaire #, Mathias Isouard. Photo : Jacques Urbanska

  Hasard pendulaire # de Mathias Isouard, une sculpture sonore bâtie pour le lieu d’exposition. Le visiteur fait osciller un gros pendule constitué de haut-parleurs au dessus d’une étoile, volume de bois strié d’ergots. Il heurte, gratte, frotte la sculpture et produit sons et rythmes. Un lien est créé entre le bois, l’espace, le pendule, celui qui choisi sa manière de lancer l’œuvre. Julien Poidevin et Zaki Jawhari nous invitent dans une scénographie lumineuse et musicale constituée de Lwire (fils lumineux) se déployant dans un espace synesthésique, sonore et immersif que nous percevons et vivons.

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Lwire de Zaki Jawhari et Julien Poidevin. Photo : Thibault Leclerre

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Experimental aquarium, Tomoko Sauvage. Photo : Jacky Collinet.

  Tomoko Sauvage explore l’espace acoustique de l’eau au moyen d’Experimental aquarium, un instrument-installation-performance qu’elle crée elle-même en direct. Elle fait vibrer l’eau et l’air avec de délicats bols de porcelaine, avec une extrême lenteur, entourée d’une lumière qui s’égoutte de gros blocs de glace accrochés au plafond. L’installation Fantômes de la plasticienne lyonnaise Matt Coco est une structure qui s’apparente à une machine fabriquée avec des matériaux simples, qui porte 30 mètres de papier divisés en deux et évidés pour ne garder que le plein, la matière restante ainsi que le vide à l’intérieur étant « fantômes ».

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(E)scape, Başak Günak. Danseuse : Gizem Aksu. Photo : Thibault Leclerre

  Intérieur et extérieur, dans la Nuit européenne de la jeune création, on passe naturellement de l’un à l’autre. Toute une partie de l’événement se déroule dans la cour circulaire des Abattoirs de Mons. Pour (E)scape, la musicienne et créatrice sonore stanbouliote Başak Günak et la danseuse Gizem Aksu ont collecté des éléments sonores de Mons afin de refléter le paysage urbain. L’objectif consiste à flouter les frontières entre corps et objets, le quotidien et l’art afin de briser la dualité entre intériorité et extériorité, le corps et l’environnement. L’Ecossais Sam Spreckley présente Tether, une vidéo aux ambiances urbaines et rurales poétiques et dérivantes. Pulsation du duo français Scénocosme fait chanter le cœur d’un arbre. Le public entoure le tronc de l’arbre avec ses bras et peut entendre et ressentir corporellement la vie de l’arbre dont tout le corps entre en résonance, battements de cœur s’ouvrant à une relation sensible, organique et apaisante.

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Pulsation, Scénocosme. Photo : Thibault Leclerre

  Jason Van Gulick et Anna Gaïotti  proposent un duo percussions/danse formé pour cette occasion, ou la matière sonore du musicien cherche les gestes de la danseuse dans une improvisation souvent virtuose.

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Glitter on the grass, Jason Van Gulick et Anna Gaïotti. Photo : Thibault Leclerre

  Au travers d’une démarche documentaire et photographique, Cut in movement de la jeune réalisatrice et comédienne bruxelloise Ariane Loze part à la conquête du mouvement dans la ville en intégrant, pour ce Park in progress, des images de Mons et une nouvelle bande-son d’Adrien Lefebvre. Elle accomplit un promenade cinématographique et chorégraphiée de la vie et des êtres dans une métropole. Enfin :such: (alias Marc Parazon, Paris), joue Immobility, une performance sonore faite de lecteurs de cassettes améliorés. Son dispositif ouvre un authentique univers musical à la fois narratif et abstrait rendu visuel par le cérémonial de ses mouvements.

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Immobility, :such: (Marc Parazon). Photo : Michaël Massa

  Énumérer ou survoler ainsi tant de créations, n’est pas, bien sûr, donner une idée précise de ces créations. C’est juste tenter de donner envie de les voir et de suivre les artistes qui les ont produites. Ce n’est pas non plus rendre compte de La Nuit de la jeune création européenne. Car celle ci réussit le tour de force d’être une œuvre collective en tant que telle, une œuvre dont aucun des composants ne gène l’autre, n’entre en collision avec sa voisine, une œuvre pour laquelle ses nombreux auteurs ont aboli durant quelques heures la compétition moderne et sont entrés dans une confrontation collaborative, humaine et heureuse. Tard dans la nuit, les artistes étaient encore réunis, sur la Grand’ Place de Mons, au Bateau Ivre que faisaient vibrer les sets électro de Ah!Cosmos (Istanbul) et Snooba (Radio Panik-Bruxelles). Un verre de bière à la main, ils y parlaient de tout, de rien, de demain.

  On l’aura compris, cette manifestation est un défi. Globale, la prise de risques en est consanguine, de l’artistique à la technique, des contenus à l’innovation. C’est heureux, car des œuvres existent désormais. Détachées de ce qui les a accouchées, autonomes et respectueuses les unes des autres, elles vont donner, durant tout le festival City Sonic, une autre vie à la Grande halle des anciens abattoirs de Mons (les créations de cette Nuit européenne inspirée s’y muant en une exposition Sounds in progress faisant partie intégrante du parcours audio urbain City Sonic) et bruire pour des visiteurs silencieux, d’attention, de plaisir et de délicatesse.

© Philippe BaudelotTurbulences Vidéo #85

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