Nous allons faire croître la vie

Par Marc Mercier.

separationL’exposition Skizophrenia Taïwan 2.0 s’est installée à Marseille (Friche de la Belle de Mai) du 7 au 30 novembre 2014 dans le cadre des 27èmes Instants Vidéo. Les œuvres ne se contentent de nous dire quelque chose de la vie sociale, culturelle et politique de Taïwan, ce qui aurait eu un intérêt bien limité. Elles parlent de notre monde. Elles questionnent nos attitudes politiques ici et maintenant. Elles nous obligent à penser la place que nous occupons (« nous » : citoyens d’un pays européen qui n’en a pas fini avec son histoire de nation colonisatrice ; « nous » : citoyens qui nous croyons porteurs des seules valeurs dites universelles ; « nous » : citoyens qui ne pensons les révolutions qu’au passé ; « nous » : citoyens qui acceptons de laisser mourir nos voisins syriens, palestiniens en nous réfugiant derrière notre forteresse européenne) dans le monde contemporain.

L’œuvre qui nous renvoie d’emblée, avec violence, à notre propre réalité de nation dominatrice, colonisatrice (sur quoi s’est bâtie notre richesse nationale avec notamment le pillage des matières premières, l’asservissement et l’acculturation des populations autochtones), est sans aucun doute celle de Pei-Shih Tu, The Adventure of Mountain Yu (From Michel Foucault to Our Glorious Future). Empruntant l’iconographie des livres illustrés pour enfant, présentant Taïwan comme une île paradisiaque, l’œuvre fait surgir des événements occultés d’une violence inouïe : les massacres et les viols perpétrés par les nationalistes chinois (derrière Tchang Kaï-Chek) en 1945 à l’encontre des tribus aborigènes locales. Comment ne pas y reconnaître les propres agissements criminels de nombre d’Etats Européens (dont la France) que ce soit aux Amériques, en Asie ou en Afrique ? L’apparition à la fin de la vidéo de Michel Foucault dans son automobile en atteste, c’est bien de nous dont il s’agit, c’est bien notre regard sur le monde qui est en cause…

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The Adventure of Mountain Yu (From Michel Foucault to Our Glorious Future), Pei-Shih Tu.

La majorité des plus grandes puissances économiques d’aujourd’hui furent (ou sont encore) d’une manière ou d’une autre des pays colonisateurs ou/et des forces impérialistes (Angleterre, USA, France, Russie, Chine, Israël…). Après les luttes de libérations nationales des années 70 qui ont favorisé nombre d’accessions à l’indépendance, la mainmise étrangère sur les richesses (matières premières) n’a pas cessé pour autant, quitte à maintenir au pouvoir des dictateurs serviles. Cette domination obsessionnelle s’accompagne presque toujours d’une hégémonie culturelle toute vouée aux seules valeurs occidentales qui s’imposent comme modèle incontournable pour se ranger du « bon » côté de l’Axe qui sépare soi-disant le « bien » et le « mal » (Cf, « l’Axe du mal » défini par Georges Bush).

Les Etats qui s’autoproclament du bon côté de l’Axe, affirment qu’ils sont porteurs de progrès, de valeurs progressistes bien entendu universelles, qu’ils détiennent les clés de la vraie démocratie. Ils ont la certitude de faire œuvre de civilisation de peuples attardés ou de nations sous-développées ou en voie de développement. Un Président français a même déclaré que les pays africains n’étaient pas encore entrés dans l’Histoire. Un représentant de l’administration britannique en Inde disait avec une odieuse compassion : « L’on doit toujours éprouver quelque peine pour ces personnes qu’écrase le char triomphal du progrès. »

Cette acculturation des peuples sous domination, programmée par l’Occident est l’une des causes du développement des courants intégristes religieux qui s’autoproclament comme seuls remparts contre la suprématie culturelle et politique arrogante des pays riches, occidentaux, chrétiens…

Pour faire preuve d’optimisme, je dirais que la chance de Taïwan de ne pas mourir dans ses retranchements, malgré toutes les colonisations subies au cours des siècles, est contenue dans l’étymologie (l’ADN des mots) de son nom même : être à la fois un centre et une périphérie, une tendance à préserver son intérieur et dans le même temps à s’ouvrir vers l’extérieur.

Mais il y a peut-être pire que d’être un territoire conquis. Il y a des pays qui n’existent presque pas. Bien que les contextes soient très différents, j’en citerais deux, deux minuscules territoires sous domination de leur voisin, deux peuples dont la disparition programmée se déroule sous une indifférence planétaire quasiment totale : la Palestine et Taïwan. Les peuples résistent, cependant. Parmi les armes utilisées pour se faire entendre, pour affirmer leur souveraineté, il y a l’art.

Tous les deux ont su répondre par la puissance déraisonnable et sublime du geste artistique. En 2009, les Palestiniens ont créé un festival d’art vidéo et de performances (si:n) pour faire entendre au monde qu’ils existent, qu’ils sont souverains, en dialogue avec les autres peuples, en phase avec le monde contemporain… L’un des organisateurs a déclaré le jour de l’inauguration quelque chose d’incroyable : « L’art vidéo va devenir en Palestine une arme de création massive. » Et pour Taïwan, c’est l’exposition « Skizophrenia Taïwan 2.0 », une polyphonie d’images et de sons qui fait entendre un cri et un chant en même temps, un cri de colère et un chant d’amour. Des œuvres qui ne posent pas leurs auteurs en situation de victimes, mais de combattants, de combattants poétiques qui affrontent les mensonges médiatiques et politiques sur le champ de bataille des langages.

Un peuple qui résiste n’a pas besoin de pitié. C’est une des conditions pour espérer établir un véritable dialogue international entre peuples souverains. Et les artistes peuvent porter cette voix étouffée. C’est leur rôle en de pareils contextes.

Je voudrais ici apporter un exemple peu connu. Il fut un temps où le grand poète martiniquais Aimée Césaire (la Martinique étant une île colonisée par la France), était membre du Parti Communiste Français qui, dans la tradition léniniste, était très centralisé et exigeait de tous ses membres de suivre les orientations dictées par le Comité Central. En 1956, Aimée Césaire décide de démissionner du Parti. Pour ce faire, il adresse un courrier à son Secrétaire Général, le très stalinien Maurice Thorez, dont voici un extrait qui n’a pas pris une ride :

« Nous voulons que nos sociétés s’élèvent à un degré supérieur de développement, mais d’elles-mêmes, par croissance interne, par nécessité intérieure, par progrès organique, sans que rien d’extérieur vienne gauchir cette croissance, ou l’altérer ou la compromettre (…)

Aucune doctrine ne vaut que repensée par nous, que repensée pour nous, que convertie à nous (…)

Et c’est ici une véritable révolution copernicienne qu’il faut imposer, tant est enracinée en Europe, et dans tous les partis, et dans tous les domaines, de l’extrême droite à l’extrême gauche, l’habitude de faire pour nous, l’habitude de disposer pour nous, l’habitude de penser pour nous, bref l’habitude de nous contester ce droit à l’initiative et qui est en définitive le droit à la personnalité… »

Ce courrier pourrait être celui d’un habitant de Taïwan adressé à la Chine Populaire. L’exposition Skizophrenia est une sorte de transcription de cette lettre de Césaire. Paroles d’îliens adressées aux continents.

La première phase du combat à mener par tous les peuples en voie d’émancipation est la destruction des symboles du pouvoir, de tous les pouvoirs, c’est ce que fait joyeusement Chao-Tsai Chiu avec ses sculptures mouvantes de The World of Fatigue, Mao Zedong, Kalachnikov, ou la fameuse sculpture phallique qu’est la Tour Eiffel. L’intelligence de l’œuvre est qu’elle ne détruit pas les icônes, elle ne les déboulonne pas : elle les use, elle les fatigue. On peut y lire une ironie. Mais c’est beaucoup plus incisif que cela. Ces figures du pouvoir, de l’oppression, renvoient à des personnages historiques qui se sont octroyés le pouvoir de juger, d’évaluer la valeur de la vie, la valeur de nos pensées et de nos agissements. Ce qui est intéressant, c’est que pour Nietzsche ce jugement des valeurs n’exprime pas la force, la puissance, mais bien au contraire la fatigue, la lassitude, la maladie, en un mot, la décadence. Tous les pouvoirs sont décadents car ils n’expriment pas la vie. Voilà ce qu’exposent les idoles fatigués de Chao-Tsai Chiu, l’attitude négative des femmes et des hommes de pouvoir à l’égard de la vie. Ils ne sont plus alors (sous les mains de l’artiste ou des spectateurs) que des machines avachies qui ne peuvent retrouver leur apparence triomphante que si des mains bien attentionnées les aident à se redresser (chaque sculpture est dotée d’une clé permettant au spectateur de la redresser). C’est terriblement cruel, mais juste : un dictateur ne peut accomplir sa tâche que s’il bénéficie de la servitude volontaire de ses sujets.

La seconde phase du combat est de décider vers où et vers quoi s’orienter. Une véritable démarche émancipatrice ne peut pas s’appuyer sur un déjà-là, sur une illusion identitaire retrouvée dans les trous noirs de la mémoire. Elle ne peut que s’accouder sur une identité horizon, un en devenir. Georges Bataille envisageait le travail de l’artiste à travers un rapport de forces dont l’enjeu n’est rien de moins que d’exiger l’impossible en face d’interlocuteurs – les institutions culturelles ou politiques, le public lui-même – qui ne font, somme toute, qu’attendre le possible d’une activité de l’esprit : un pseudo-art envisagé comme pur espace de réconciliation symbolique. Or, ce que les artistes de Taïwan viennent nous rappeler c’est que leur rôle n’est surtout pas d’entretenir le consensus. S’ils ne prennent pas forcément parti, ils prennent position ne serait-ce que pour proclamer leur souveraineté, une proclamation en laquelle chaque spectateur peut se reconnaître. Un poète comme le marocain Abdellatif Laâbi ne dit rien d’autre : « La poésie est tout ce qui reste à l’homme pour proclamer sa dignité. » Mais cette proclamation ne se fait pas sur le pont d’un navire resté à quai. Elle se fait dans le feu de l’action avec non pas un objectif pré-défini, mais juste un vague horizon, un soubresaut de vitalité, un élan de dignité à retrouver. Le risque est que ça tangue comme dans l’installation Floating de Goang-Ming Yuan, au risque de perdre nous même l’équilibre, « nous » qui ne sommes encore que des spectateurs : ceux qui observent, ceux qui n’ont pas encore décidé de s’engager dans l’aventure. Le navire de Floating propose l’impossible : de tout renverser, nos corps et nos pensées. Le navire est (déjà) vide, il est (déjà) une épave, il a (déjà) fait naufrage comme notre monde contemporain. Il est l’état de la pensée politique actuelle. Ce sont les artistes et les penseurs, affirmait Walter Benjamin (sachant que pour lui la distinction entre l’écrivain et le philosophe est vaine), qui toujours font violemment irruption dans l’Histoire pour se faire entendre et proclamer le début d’une ère nouvelle, même si pour des circonstances que l’on imagine facilement cette proclamation a souvent l’aspect sourd d’un murmure. C’est peut-être pour cela que l’œuvre de Goang-Ming Yuan est sans parole. Il n’y a plus rien à dire de nouveau. Juste à plonger dans la réalité avec le risque de s’y perdre. Nous sommes tous devenus les passagers d’une épave. Il faut re-bâtir nos navires et prendre le large, réapprendre à affronter les tempêtes de l’Histoire. L’Histoire ne finit jamais. Elle finira avec l’Humanité.

Et les artistes ? Ils sont cette lueur (des lucioles), cette puissance (fragile) qui lézarde le monde de l’art établi, des musées et des galeries, en réduisant la distance qui sépare l’art de la politique et la vie de l’art, et en combattant toute théorie réductionniste ou totalisatrice. Ils sèment le doute. Ils sont des avertisseurs d’incendie : « Il n’est pas de témoignage de culture qui ne soit en même temps un témoignage de barbarie » (Sur le concept d’histoire, Walter Benjamin). Mais au cœur de la ruine, ils envisagent des échappées. Ce sont ces lucioles (rares) dans l’obscurité, parmi les ombres qui seules habitent encore le vieux monde effondré sous les coups des révolutions qui ont refleuri ces derniers temps dans les pays arabes, qu’il nous faut repérer. Et bâtir des maisons de lumière.

Et si nous ne changeons pas de position, que se passe-t-il ? Si nous ne prenons pas le risque de nous perdre pour avoir une chance de nous retrouver ? Il nous restera la mort. Pas n’importe quelle mort, celle des sur-vivants, des morts en permission qui reviennent sur terre pour vérifier qu’ils ont déjà depuis longtemps abandonné l’humanité. Wan-Jen Chen ne montre rien d’autre que des êtres dépeuplés, vidés de la possibilité d’une rencontre avec l’autre : The Unconscious Voyage. Paysage gris (des nuages barrent la route à tout hors champ), des êtres gris qui ne souffrent pas, qui ne rient pas, qui se croisent sans jamais se rencontrer. Le consensus est total. Pas l’ombre d’un conflit sur cette plateforme blanche sur laquelle ils se déplacent. Des gens qui n’ont rien à se dire, rien à se contester, rien à combattre, rien à vivre comme expérience et donc rien à raconter de leur vie, rien à transmettre : avant leur totale disparition, disparaitra d’abord le langage.

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The Unconscious Voyage, Wan-Jen Chen.

Déjà en 1936, Walter Benjamin sentait venir cette situation désastreuse dans son texte intitulé Le Narrateur : « Le cours de l’expérience a chuté. Et il semble bien qu’il continue à sombrer indéfiniment. ». Plus loin, il nous décrit comme de plus en plus pauvres nos « expériences communicables ». Depuis, la situation a empiré. Le pire est déjà là.

La domination des médias (aujourd’hui internet) en tant que moyens d’accès à des informations sur le monde, nous a petit à petit habitué à sacraliser les faits sans les penser. Il n’y a plus de récits d’expériences réellement vécues dans nos journaux. Le métier de Grands Reporters comme il en existait au XIXe et au début du XXe, n’existe plus. Or, le récit d’expériences vécues est une des voies d’accès à la connaissance, la voix royale peut-être, à condition d’entendre que le récit est une construction qui ne peut se réduire à une accumulation de faits. Je pense qu’un des enjeux principaux de notre combat actuel est de réhabiliter la parole, le bouche-à-bouche, en somme l’échange d’expériences. L’information passe sans laisser de traces, elle est interchangeable. Le récit d’expériences marque les esprits et les corps car, comme pour le conte, il ne se contente pas de suivre le cours des choses, il est sans cesse interrompu par un surgissement d’idées, un rapprochement avec un autre événement, un livre, un son, une image… Un récit d’expériences est une affaire de montage, comme pour faire un film.

Un monde sans récit est un monde sans consistance. Une beauté sans forme. Peut-être celui que présente Yen-Ying Huang dans Go to Africa. Il n’est plus qu’une image indéfinie, qui se colle aux supports/surfaces qui veulent bien l’accueillir. Un monde démantelé. Dément. Mou et mouvant. On le contemple avec ce sentiment étrange que le vrai monde n’existe plus, qu’il n’existe plus que sa reproduction, que sa représentation. En fait, cette œuvre où s’éparpille le monde inconsistant, voire inexistant, n’est là que pour nous obliger à penser la réalité qui nous échappe. Ce n’est pas l’idée que nous nous faisons du monde qui lui donne consistance, mais c’est la consistance du monde qui construit notre pensée. Or le monde n’est pas en harmonie avec un univers parfaitement organisé comme certains sages l’ont imaginé, il est le chaos. Le chaos n’est pas un accident du monde, il est la représentation exacte du monde. Un monstre de forces sans commencement ni fin dont (et c’est peut-être la seule mission que l’être humain a à accomplir sur terre), nous avons à trouver les issues.

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Go to Africa, Yen-Ying Huang.

Et là, j’en viens à la scénographie de l’exposition Schizophrenia Taïwan 2.0 : elle est ce chaos ! Un espace sans cloisons où les œuvres telles des planètes, des comètes et des poussières d’étoiles circulent dans un territoire dont les limites ne sont qu’apparentes. Ce n’est pas le spectateur qui circule, non, ce sont les images qui traversent nos corps et que nous emportons avec nous, qui nous transforment nous-mêmes en images. Nous expérimentons notre capacité à dériver comme si nous étions devenus des continents. Nous entrons dans l’espace d’exposition dépeuplés de nous-mêmes et nous tentons de nous peupler d’un monde autre qui est, au bout du compte, le nôtre.

Nous n’avons plus le choix car nous sommes responsables du monde que nous livrons à nos enfants. L’installation Shivering Wall de Yu-Chin Tseng ne dit rien d’autre. Elle est le point culminant de la tension dramatique qui parcourt l’exposition : sur un large panorama de quatre écrans, un horizon sans point de fuite, de jeunes gens semblent flotter dans le néant, entassés et alanguis, certainement à cause de drogues ou d’alcool absorbés. Mais ces substances ne sont rien d’autre que la somme de toutes nos lâchetés, de nos démissions, de nos soumissions devant l’autel de la toute puissante économie libérale, de nos renoncements quotidiens. Nous ne sommes pas des vaincus de l’Histoire comme le sont les combattants révolutionnaires qui ont pensé qu’un autre monde est possible, que l’horreur peut se métamorphoser en aurore : nous sommes les touristes de notre propre tragédie. Yu-Chin Tseng tente l’impossible : un dispositif (une estrade sur laquelle le public est invité à s’installer pour contempler l’œuvre) parcouru de nappes sonores, vibrantes, graves, violentes, qui traversent comme une onde électrique notre corps… Ces ondes disent : « Ne contemple pas la misère que tu as produite », « ne capitule plus », « ce ne sont pas des dieux courroucés qui font trembler la terre sous tes pieds, c’est le vide que tu vas laisser en partant, un vide que tu lègues à tes enfants car tu as oublié que tu fus un enfant, tu as oublié de rêver. »

Au sortir de l’exposition, il nous reste à réinventer la beauté d’être un humain. C’est un combat. Une lutte acharnée à mener contre la médiocrité, contre la haine du présent, contre la morbidité que les médias érigent comme un écran pour que nous ne puissions pas voir la beauté de la vie qui s’offre à nous. Les installations de Skizophrenia Taïwan ne nous disent que cela : nous pouvons devenir magnifiques. Nous allons faire croître la vie.

© Marc Mercier, 15 novembre 2014 – Turbulences Vidéo #86

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