V+M de John Sanborn (Français)

Par John Sanborn.

separationPuissance, mythe, désir
La plus grande force est la capacité à aimer.

Vénus est la déesse de l’amour et de la beauté. Ses traits fins et son beau sourire lui ont attiré de nombreux prétendants, dieux ou simples mortels. Mais Vénus était mariée à Vulcain, le dieu du feu, grossier et ignorant. Son grand amour était Mars, dieu de la guerre – mais qui se battait pour la paix. Leur attirance mutuelle fut immédiate et totale. Leurs amours adultères sont la preuve du pouvoir infini du désir et du triomphe de l’amour.

Un jour, Vénus et Mars furent surpris ensemble et attrapés dans les mailles d’un filet invisible mais solide créé par Vulcain ; ils furent exposés au ridicule et dénoncés aux autres dieux de l’Olympe. Ils ne renoncèrent pas pour autant à leur union, grâce au soutien de Cupidon et au lien indéfectible qui les unissait. Le fruit de leur union fut la belle déesse Harmonia.

L’idylle entre Vénus et Mars a toujours fasciné les poètes et les philosophes, ce couple représentant un exemple mythique de l’équilibre entre des énergies qui s’opposent – la beauté et la brutalité, l’homme et la femme, le chaos et l’éros, la grâce et la force. Dans la mythologie, seule Vénus domine Mars, lui ne la domine jamais, il soumet sa force à leur union. En présence de Vénus, Mars est souvent désarmé et détendu, mais le caractère illicite de leur relation souligne la fragilité du bonheur sentimental.

V+M transgresse le code hétéro-normatif en montrant des versions homme-homme et femme-femme du couple Vénus/Mars, afin de donner une matière de départ à l’expression du rapport de force dans le couple, de la construction du mythe et des origines du désir. Il n’y a pas de séparation entre les couples : ils fonctionnent comme un ensemble et différent seulement dans les costumes, la chorégraphie et la mise en scène. Le public découvre ainsi l’essence de ces personnages mythologiques et la question du sens que l’on peut leur donner au XXIe siècle.

V+M invite le spectateur à se perdre dans le physique et le sensuel, tout en restant attentif aux gestes, aux sons et aux sentiments qui animent ce couple réinventé et son histoire. Le mouvement est intense et charnel, et les paroles mêlent argot de la rue et poésie. La musique s’appuie sur la texture mystérieuse du violoncelle, mais en y intégrant de l’électro et des effets sonores contemporains.

L’œuvre se compose de 3 groupes de 3 écrans qui élaborent un collage de l’histoire de Vénus et Mars dans un ordre non linéaire mais néanmoins pertinent : 12 scènes qui retracent l’idylle interdite de ce couple, en reprenant à chaque fois les thèmes de puissance, de mythe et de désir.

© John Sanborn, 2015 – Turbulences Vidéo #87

Lien : V+M

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